Vendredi 3 novembre : Rangoon.
Arrivée à Rangoon un peu avant 10h du matin après un vol d’une douzaine d’heures depuis Paris (via Bangkok).
Après le nouvel aéroport flambant neuf de Bangkok, l’aéroport « international » de Rangoon nous fait sourire. Les formalités administratives à la frontière sont un peu longues surtout après un long voyage sans sommeil.
Une fois nos bagages récupérés, nous faisons enfin la connaissance de notre guide birman : Percy, de l’agence Santa Maria. Nous avons échangé de nombreux emails pour mettre au point notre circuit dans les mois précédents, et nous nous rencontrons enfin. Nous décidons avant de commencer à visiter la ville de faire un stop à notre hôtel (Summit Parkiew Hotel) afin de prendre une bonne douche et nous changer. La chaleur est étouffante et l’hygrométrie élevée : nous sommes encore en jeans et cela devient insupportable.
Le Summit Parkiew Hotel est un hôtel international, comme on en trouve dans les capitales du monde entier : pas de charme particulier mais des chambres de très bon standing, climatisées. Appréciable également : la piscine.
Nous partons à la découverte du centre ville, toujours accompagné de notre guide nous commençons par faire un tour dans un marché couvert qui vend essentiellement du textile (longwi= longue jupe porté par tous les hommes, presque sans exception). Nous allons ensuite voir le Bouddha couché « Chauk-htat-gyi » : le 1er que nous voyons dans le pays et qui sera suivi par une très très longue série ! C’est également la première fois que nous nous déchaussons : nous passerons quasiment tout notre séjour pieds nus, visite de sites religieux oblige (les chaussettes ne sont pas tolérées).
Nous découvrons ensuite la pagode « Botataung », le long de la rivière. C’est la première pagode que nous voyons, elle nous paraît donc très exotique mais nous en verrons de bien plus belles par la suite.
Pour finir la journée, avant la tombée de la nuit-qui en cette saison arrive entre 17h30 et 18h, nous allons au lac Inya. De là, nous avons une vue magnifique sur le stupa doré de la Swedagon. Nous prenons un verre face à cette vue splendide et nous promenons ensuite le long du lac. Beaucoup de Birmans se détendent comme nous, à l’abris du bruit du trafic, dans cet îlot de verdure.
Puis retour à l’hôtel car la fatigue commence a sérieusement se faire sentir.
Samedi 4 novembre : en route pour le Rocher d’Or !
Nous sommes réveillés vers 6h du matin : le soleil se lève vers 5h30 et à 6h, il y a déjà beaucoup d’animation et de circulation sur la route face à l’hôtel. On voit les moines avec leur bol partir mendier le repas quotidien.
Nous laissons nos 2 grosses valises à l’hôtel pour ne partir qu’avec un tout petit sac à dos, juste pour la nuit de ce soir. En effet, il vaut mieux voyager léger car l’ascension jusqu’au Rocher d’Or se fait dans des camions collectifs où l’on est serré comme des sardines. Et il faut ensuite terminer l’ascension par une petite marche de 40 minutes environ et la pente est raide !
Nous partons donc vers 7h30 avec Percy et notre chauffeur. Il faut compter environ 4h de route entre Rangoon et le Rocher d’Or (Kyaiktiyo). En route, nous faisons un arrêt à la sortie de Rangoon pour visiter un cimetière de la seconde guerre mondiale.
Nous arrivons au pied du Rocher (camp de base de Kimpun) vers 12h. Après le repas, nous nous dirigeons vers l’aire de départ des camions qui montent au Rocher. Il y a énormément de monde et nous voyons notre guide négocier âprement avec différentes personnes afin de nous obtenir des places dans la cabine du chauffeur. Pendant ce temps, nous observons avec amusement mais aussi avec un peu de crainte le « chargement » des camions : les pèlerins prennent littéralement d’assaut chaque camion vide qui approche. Ils montent dans la benne arrière avec une dextérité et une rapidité étonnantes, d’autant plus que tout le monde est en jupe longue et en tongs ! Mais tout cela se passe dans une ambiance bon enfant et la situation semble normale pour tout le monde.
Percy arrive finalement, au bout d’environ 20 minutes à nous avoir des places dans la cabine d’un camion. Cette ascension en camion nous amuse beaucoup : la route est sinueuse, le camion vétuste…les gens à l’arrière s’amusent de temps à autre à crier quand la route descend.
Nous arrivons à mi-chemin de notre parcours : il nous reste encore environ 40 minutes de marches jusqu’au sommet, sous une chaleur écrasante. Heureusement nous avons, nos chapeaux, l’écran totale et une bouteille d’eau.
Pendant la montée, nous nous arrêtons dans une des petites échoppes, pour souffler 5 minutes et aussi profiter de la vue sur la vallée. Nous dégustons un jus de canne à sucre, réalisé sous nos yeux avec une vieille presse métallique ; on rajoute un peu de sucre et de citron et c’est prêt. C’est plutôt bon et très désaltérant.
Nous atteignons enfin le sommet et notre hôtel : le Mountain Top Hotel. Chambre simplissime mais à la propreté irréprochable et avec une très jolie vue.
Nous allons découvrir le site un peu avant la tombée de la nuit : nous avons de la chance car cette nuit a lieu une cérémonie de pleine lune, qui n’a lieu qu’une fois par an. Il y a énormément de pèlerins pour l’occasion : ils se sont tous installés sur l’esplanade. Certains commencent à préparer le repas. Tout le monde va passer la nuit sur le site, installé sur des nattes.
A l’aplomb du Rocher, les pèlerins allument des centaines de bougies et font également des offrandes des bouteilles d’eau. Il faudra allumer 10 000 bougies et donner 10 000 bouteilles d’eau pendant cette nuit. Chaque pèlerin qui allume une bougie le fait dans un but précis et un homme énumère dans un micro, le nom de chaque pèlerin ainsi que son souhait. L’ambiance est magique, les touristes sont très très rares et tout le monde nous dévisage en souriant, un peu surpris mais amusé.
Dimanche 5 novembre : retour à Rangoon, via Bago
Le lendemain matin, même chose, dans le sens inverse ! Marche à pied d’environ 40 min et attente d’un camion pour achever la descente. C’est au moins aussi folklorique que la montée.
Nous retrouvons notre chauffeur et la voiture à l’arrivée et reprenons la route direction Rangoon, avec un arrêt à Bago.
Nous rejoignons Bago vers midi. Après le repas, nous allons visiter le monastère : nous sommes les seuls visiteurs. Un vieil homme qui a l’air d’être le gardien nous ouvre le musée du monastère et d’autres salles adjacentes dont une qui renferme une immense maquette, très colorée retraçant la vie de Siddhârta.
Nous avons aussi la chance de voir les jeunes moines révisant pour leurs examens. Ils sont au moins une centaine, assis sous une sorte de grand préau. L’un deux engage la conversation avec nous, via notre guide qui nous traduit. Il y a aussi quelques femmes, installées non loin de cette salle qui prépare de la nourriture pour une fête devant avoir lieu le lendemain : elles ont des marmites immenses, posées sur des feux de bois. Les femmes sont très accueillantes et nous expliquent spontanément ce qu’elles cuisinent.
Nous allons ensuite visiter une pagode qui abrite notamment un serpent. Dans l’enceinte de la pagode il y a d’ailleurs une manifestation assez particulière : sous un chapiteau, 2 « medium » apparemment en transe (ou plutôt très alcoolisés !) dansent en fumant, buvant et de temps en temps posent une question au nat (esprit) du lieu. Ils servent d’intermédiaire entre les fidèles et les nats. La scène est assez délirante, les medium sont, comme toujours apparemment- des travestis. Ils sont accompagnés par des musiciens. Notre guide nous explique que ce type de manifestation est plutôt rare car assez coûteuse. Elles sont souvent financées par des personnes privées qui prennent en charges la décoration, les mediums, les musiciens…Un moyen d’obtenir des « mérites » !
De haut du temple, on a une très belle vue sur la plaine environnante.
Une fois encore, nous sommes les seuls touristes, ce qui permet d’avoir un contact privilégié avec les gens.
De là, direction le marché de Bago, le 1er que nous voyons en Birmanie. C’est très animé, beaucoup de couleurs et d’odeurs…dont certaines pas forcément agréables comme l’odeur des poissons séchés ou celle de la viande dont on chasse les mouches avec des éventails, tant bien que mal. Inutile de préciser qu’il n’y a pas de glace pour la conservation.
Nous finissons notre visite de Bago par le Bouddha couché de Shwethalyaung (9ème siècle) et les 4 Bouddha assis de Kyakpun.
Le soleil commence à se coucher et nous reprenons la route de Rangoon. Comme dans le reste du pays l’état du revêtement (quand il y en a) est dans un état pitoyable. Les voitures slaloment joyeusement, en se klaxonnant et toujours en se dépassant par la droite. Ca a été une de nos premières surprises à notre arrivée : les Birmans conduisent des voitures japonaises, avec le volant à droite (comme en Angleterre) MAIS, ils conduisent à droite (comme en Europe) : les dépassements sont donc assez hasardeux !
Alors que nous sommes très près de Rangoon, nous nous retrouvons bloqués pendant au moins 30 minutes dans une procession : des chars colorés, de la musique…C’est comme toujours un joyeux « bordel », les gens ont envahi la route, les voitures circulent tant bien que mal. Mais personne ne s’énerve et la situation parait normale pour tout le monde.
Lundi 6 novembre : départ pour Mandalay (avion)
Lever très matinal car nous devons prendre un vol pour rejoindre Mandalay. Cette journée a été plutôt pénible pour moi car j’été été mal (crise de foie) dès que je me suis levée jusqu’à la fin de la journée ! La veille au soir, nous avons mangé au restaurant de notre hôtel et je suis quasi certaine que le problème vient de là. Enfin, cela fait aussi partie du voyage !
Nous avons voyagé avec Rangoon Airways jusqu’à Mandalay. Un nouveau chauffeur et une nouvelle voiture nous attendent à l’aéroport de Mandalay, nous sommes toujours accompagnés de Percy. Nous nous arrêtons d’abord dans une pagode qui abrite un magnifique serpent vivant (que nous avons d’ailleurs caressé) puis filons au monastère de Mahagandaryon pour voir des centaines de moines faire la queue et recevoir leur repas (à 10 h précises). Changement d’ambiance : beaucoup de touristes sont déjà installés le long du chemin que vont emprunter les moines pour rejoindre leur réfectoire.
Les moines arrivent, en silence et en file indienne, juste avant de pénétrer dans le réfectoire ils reçoivent de la nourriture de leur famille ou de donateurs.
Nous allons ensuite voir le pont « U Bein », le plus long pont en teck (un peu plus d’1km) ! Nous traversons le lac avec une barque de pêcheur (je ne suis pas très vaillante) et faisons le retour en empruntant le pont. Il fait très chaud et le soleil tape fort.
Pour moi, les visites s’arrêteront là, je suis trop épuisée et malade, je passerai le restant de la journée à attendre dans la voiture, pendant que Jérôme continue les visites en tête à tête avec Percy. Je suis très très déçue mais mes jambes ne me portent plus et les vomissement sont incessants : je me dis que ce n’est pas de chance et que ça ira mieux demain !
Donc le circuit s’est poursuivi par la visite de Sagaing : pagode de Kaungmuda, atelier où l’on fabrique de bijoux en argent dans le village de Ywahtaung et pour finir, la pagode de Soon U Pon Nya Shin au sommet des collines de Sagaing.
Nous prenons ensuite la direction de Mandalay et de notre hôtel le Mandalay City Hotel. C’est un hôtel très confortable (piscine, climatisation…) que nous avons beaucoup apprécié.